Peu de bagages, mais un grand capteur: un voyage entre les Canaries, l’Amérique du Sud et la Méditerranée
L’équipement
Lorsque j’ai entrepris mon voyage, je n’ai emporté que peu de choses: un sac à dos Shimoda Explore de 25 litres en guise de bagage à main, des vêtements pour quelques jours. La question cruciale était avant tout de savoir quel appareil photo emporter. Je souhaitais immortaliser les villes et les paysages dans une lumière douce sans m’encombrer d’un équipement trop lourd. Mais je tenais malgré tout à ce que la qualité d’image soit irréprochable. Mon choix s’est finalement porté sur le Fujifilm GFX 100RF: un appareil photo compact moyen format, doté d’un capteur de 100 mégapixels, au design épuré et dont la qualité dépasse de loin ce que l’on pourrait attendre d’un appareil photo de voyage.
Ce qui m’a surpris, c’est à quel point l’appareil photo lui-même a souvent ouvert des portes. Lors d’excursions ou de rencontres fortuites, les gens m’interpellaient sur le design sobre et discret du Fujifilm GFX 100RF: pas de mise en avant tapageuse de la marque, des éléments de commande classiques, un grand viseur et une forme qui suscite la curiosité. Souvent, j’expliquais pourquoi je voyageais avec cet appareil, je réalisais quelques portraits ou prises de vue, puis je partageais les photos par la suite par voie numérique. Cet appareil photo n’était donc pas seulement un outil, mais aussi l’occasion de faire des rencontres et d’engager des conversations.
Le récit de mon voyage
Des îles pleines de contrastes
Mes premières étapes m’ont conduit sur les plus petites îles des Canaries: La Palma, La Gomera et El Hierro. Cette dernière, en particulier, qui se situe à l’extrême sud-ouest des Canaries, m’a impressionné par ses falaises escarpées, son littoral abrupt et ses points de vue paisibles. Ces îles sont idéales pour tous les amoureux de nature, de randonnée et pour ceux qui recherchent une certaine solitude. Des vallées fertiles, des forêts de lauriers, des arbres sculptés par le vent et de petits villages sont typiques du paysage. Le climat s’est également révélé varié: tantôt rude, pluvieux et frais en altitude puis, quelques minutes de route plus loin, une chaleur estivale sur la côte. Ce sont précisément ces contrastes qui ont rendu ces îles particulièrement attrayantes d’un point de vue photographique.
De l’Europe jusqu’au Brésil
Depuis les îles Canaries, j’ai poursuivi mon voyage via l’Espagne continentale jusqu’au Brésil et au Pérou, puis vers d’autres pays et villes d’Amérique du Sud. Le contraste entre le calme des îles et la densité des métropoles sud-américaines n’aurait guère pu être plus grand et offrait précisément cette diversité qui rend un voyage passionnant sur le plan photographique.
La Paz, siège du gouvernement bolivien, est située à près de 4000 mètres d’altitude, ce qui en fait l’une des capitales administratives les plus hautes du monde. Nichée au cœur d’un paysage montagneux spectaculaire, la ville se dévoile de manière impressionnante depuis les téléphériques qui surplombent la mer de maisons tel des belvédères suspendus. Je me suis délibérément mis en quête de perspectives permettant de mettre en valeur les dimensions et le dynamisme de cette ville. C’est précisément là que le capteur de 100 mégapixels a révélé toute sa puissance: des détails d’une finesse exceptionnelle, une large plage dynamique et la liberté d’imprimer des images de grande qualité, même en grand format. Je ne prends pas beaucoup de photos lorsque je suis en déplacement, mais celles que je ramène chez moi doivent convaincre par leur qualité et leur expressivité. L’objectif grand angle intégré est parfaitement adapté au capteur de 100 mégapixels. Avec un poids de seulement 735 grammes, il permet de profiter sans effort d’une qualité d’image professionnelle et est opérationnel à tout moment.
De retour en Méditerranée
De retour en Europe, mon voyage m’a conduit dans des endroits qui m’étaient pour la plupart encore inconnus: Malte, l’Albanie et Corfou. Profitant de l’agréable début d’été, je me suis laissé porter par le courant, sans programme précis et en laissant une large place à la découverte. C’est surtout l’Albanie qui m’a marqué. L’intérêt croissant des touristes est compréhensible: des eaux cristallines, un littoral impressionnant, une hospitalité chaleureuse, une cuisine méditerranéenne et un art de vivre décontracté caractérisent ce pays. C’est justement en dehors de la haute saison que j’ai pu profiter de nombreux moments où la lumière, les couleurs et l’atmosphère se mariaient naturellement.
Ce qu’il reste de mon voyage
On me demande souvent quel a été le moment le plus fort lorsque je rentre d’un voyage. La réponse n’est jamais simple. Chaque lieu possède en effet son propre charme, et ce sont généralement les gens qui donnent son caractère à une ville. Si je devais néanmoins faire un choix, ce serait la Bolivie. Le pays est en proie à des tensions politiques et sociales palpables. Une inflation galopante, des barrages routiers et des manifestations font partie du quotidien dans de nombreuses localités. Environ 60 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté national. Et pourtant, la vie continue, avec un naturel impressionnant, de l’improvisation, de la dignité et, toujours, avec le sourire. Pour moi, ce sont précisément ces moments discrets et authentiques qui rendent un voyage inoubliable.
Mathias Gfeller












